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Construire

Ce que j'aimerais voir exister à La Réunion

Des idées de projets que je n'ai pas le temps de construire. Si l'une vous parle, prenez-la. L'île a besoin de builders.

Je ne peux pas tout construire

Ça fait deux ans que je construis des produits à La Réunion. Quatre projets en parallèle, tous à des stades différents. Kala grandit doucement. MafateRésa prend de la traction avec les gérants de gîtes. Zinfluence est en phase de test. Et ce blog documente le tout.

Mais pendant que je construis, je continue de voir des problèmes. Des frictions du quotidien, des manques, des trous béants que personne ne comble. Chaque fois que je galère avec quelque chose dans ma vie sur l'île, une partie de mon cerveau se dit : "Y aurait un truc à faire là." Et la partie raisonnable répond : "Tu gères déjà quatre projets, calme-toi."

Cet article est la liste de ces idées. Celles que j'ai notées au fil des mois dans un fichier Notion intitulé "Idées en vrac", et que je n'aurai probablement jamais le temps de construire. Pas des idées fumeuses lancées en l'air -- des problèmes réels que j'ai identifiés, analysés, et parfois même esquissé un début de solution.

Si l'une de ces idées vous parle, prenez-la. Sérieusement. L'île a besoin de builders, pas de gens qui gardent des idées au chaud dans un fichier Notion.

Le covoiturage, mais pour de vrai

BlaBlaCar ne marche pas à La Réunion. Enfin, il "existe", mais personne ne l'utilise. Pourquoi ? Parce que le modèle est conçu pour des trajets interurbains longs -- Paris-Lyon, Bordeaux-Toulouse. À La Réunion, le trajet le plus long fait 2h30 (Saint-Denis à Saint-Pierre par la route des Tamarins). La plupart des trajets quotidiens font 30-45 minutes.

Le vrai besoin, c'est le covoiturage domicile-travail. L'île est engorgée. La quatre voies du littoral est un enfer matin et soir. Saint-Denis, Saint-Paul, Le Port, Saint-Pierre -- les axes principaux sont saturés. Et les transports en commun, malgré les efforts du réseau Car Jaune, ne couvrent pas tous les besoins.

Ce qu'il faudrait, c'est un outil de covoiturage ultra-local, conçu pour les trajets récurrents. Pas "je cherche une place pour aller de Saint-Denis à Saint-Pierre samedi à 14h". Plutôt "je fais Saint-Denis - Le Port tous les jours à 7h, qui est sur mon trajet ?" Un matching basé sur les itinéraires quotidiens, pas sur les trajets ponctuels.

J'ai esquissé un début de maquette il y a un an. L'idée : tu entres ton trajet quotidien (domicile-travail), l'app te propose des conducteurs/passagers compatibles sur ton itinéraire, avec un système d'abonnement mensuel entre les deux. Pas de paiement au trajet -- trop de friction. Un forfait mensuel automatique, comme un abonnement de bus, mais pour le covoiturage.

Les obstacles sont réels. La masse critique est le problème classique de la marketplace : il faut assez de conducteurs ET de passagers sur les mêmes itinéraires pour que le matching fonctionne. Sur une île de 900 000 habitants, ça demande une adoption significative pour être utile. Mais le potentiel est là : des milliers de voitures avec un seul occupant sur les mêmes routes chaque matin. L'irritation est réelle et croissante, surtout avec le prix de l'essence ici.

Pourquoi je ne le fais pas : c'est un projet qui demande une masse critique pour être utile, et atteindre cette masse critique prend du temps et de l'énergie que je n'ai pas avec quatre projets en cours. C'est aussi un projet qui nécessite du lobbying local -- partenariats avec les entreprises, les administrations, peut-être les collectivités. Un vrai boulot à temps plein.

La plateforme des producteurs locaux

À La Réunion, on a des producteurs incroyables. Fruits, légumes, miel, vanille, épices, café Bourbon, letchis, mangues, ananas Victoria. Le circuit court existe -- les marchés forains, les bords de route, les ventes directes à la ferme. Mais c'est désorganisé.

Si je veux commander un panier de fruits frais à un producteur du Tampon, je dois le trouver (pas de listing centralisé), le contacter (souvent par téléphone uniquement), et aller chercher la commande (pas de livraison). Certains producteurs ont une page Facebook, rarement mise à jour. Quelques-uns sont sur Instagram. Aucun n'a de site web avec commande en ligne.

Ce qui manque, c'est une plateforme simple qui fait trois choses : lister les producteurs locaux avec leurs produits et leurs tarifs, permettre la commande en ligne, et organiser la livraison ou le retrait. Un Shopify pour producteurs réunionnais, avec la logistique locale intégrée.

J'ai discuté avec une dizaine de producteurs. Le besoin est là. Ils perdent du temps à gérer les commandes par téléphone et WhatsApp. Ils perdent des ventes parce que les gens ne savent pas qu'ils existent. Et ils aimeraient toucher une clientèle au-delà de leur zone géographique immédiate -- un producteur de vanille à Sainte-Rose qui pourrait vendre à des clients de Saint-Gilles, par exemple.

Le modèle économique est simple : une commission sur chaque vente, comme les marketplaces classiques. 10-15% qui rémunère la plateforme pour la mise en relation, le paiement sécurisé, et éventuellement la logistique.

Le défi principal, c'est la logistique du dernier kilomètre. Livrer un panier de fruits frais de Sainte-Rose à Saint-Gilles, c'est 2h de route. Le produit est périssable. Le coût de livraison risque d'exploser. La solution est probablement un système de points relais et de tournées optimisées, mais ça demande une infrastructure que je n'ai pas le temps de monter.

L'autre défi, c'est l'adoption côté producteurs. Beaucoup sont technophobes, pas par incapacité mais par habitude. Ils font comme ça depuis 20 ans, ça marche, pourquoi changer ? Le même discours que les gérants de gîtes à Mafate avec leur cahier papier. Le convaincre un par un est possible -- je l'ai fait pour MafateRésa -- mais ça prend du temps et du terrain.

Pourquoi je ne le fais pas : la logistique du frais est un métier à part entière. Je suis un builder tech, pas un logisticien. Ce projet nécessite quelqu'un qui comprend la supply chain alimentaire locale.

La livraison du dernier kilomètre pour les zones isolées

C'est lié au point précédent, mais c'est un problème plus large. À La Réunion, certaines zones sont très isolées. Pas seulement Mafate (accessible uniquement à pied) -- aussi les Hauts, les écarts, les petits villages de montagne où les routes sont étroites et les commerces rares.

Les gens qui vivent dans les Hauts de Sainte-Rose, dans les écarts de Salazie, dans les villages de la route forestière du Volcan, ils galèrent pour se faire livrer quoi que ce soit. Amazon ? Livraison impossible ou avec des délais aberrants. Courses en ligne ? Les drives sont concentrés sur le littoral. Un colis Chronopost ? Livré à la mairie du village d'en bas, pas chez toi.

Le besoin, c'est un service de livraison adapté aux zones isolées. Pas un Uber Eats local -- un service de courses et de livraison qui fait le dernier kilomètre que les grands opérateurs refusent de faire. Tu commandes tes courses, tes médicaments, tes colis, et un livreur local te les apporte.

Le modèle pourrait fonctionner avec des livreurs indépendants qui connaissent les routes (parce que la route de la Rivière des Remparts, si tu ne la connais pas, tu ne la trouves pas), un système de commande centralisé, et des tournées optimisées par zone.

J'ai discuté avec des habitants des Hauts de Saint-Joseph. Une dame m'a dit : "Moi, pour aller faire mes courses, c'est 45 minutes de voiture aller. Si ma voiture est en panne, je ne mange pas." C'est pas un problème de startup tech à la mode -- c'est un problème de vie quotidienne.

Pourquoi je ne le fais pas : c'est un projet d'infrastructure physique, pas un projet tech. L'app est la partie facile. Le réseau de livreurs, les tournées, la gestion du frais, les coûts de transport -- c'est là que ça se joue. Ça demande du capital et de l'opérationnel lourd.

L'app rando pour La Réunion

Les applis de randonnée existent. AllTrails, Visorando, Komoot. Elles couvrent La Réunion, plus ou moins. Mais aucune n'est pensée pour les spécificités de l'île.

Ce qui manque :

La météo micro-locale. À La Réunion, le temps change de manière radicale d'une vallée à l'autre. Il peut faire grand soleil à Saint-Gilles et pleuvoir des cordes au Piton des Neiges, à 30 km de là. Les applis météo classiques donnent une prévision par commune, mais ce qui compte pour un randonneur, c'est la météo sur le sentier, pas dans la ville en bas. Une intégration météo par tronçon de sentier serait un game changer.

L'état des sentiers en temps réel. L'ONF gère les sentiers et publie des bulletins d'état, mais c'est souvent sur un PDF mis à jour une fois par semaine. Un sentier peut être impraticable après une pluie (éboulement, rivière en crue) et personne ne le sait avant d'y être. Un système collaboratif où les randonneurs signalent l'état du sentier en temps réel (à la Waze des sentiers), ça sauverait des gens.

Les alertes de sécurité. La Réunion a des risques spécifiques : les crues soudaines dans les ravines, les éboulements dans les cirques, la déshydratation sur les sentiers exposés. Une app qui alerte en fonction de ta position GPS ("Attention, la rivière des Galets a un niveau élevé, passage déconseillé") serait un vrai service public.

L'info gîte intégrée. Les randonneurs en itinérance à Mafate ont besoin de savoir quels gîtes ont des places disponibles ce soir. Aujourd'hui, ils appellent -- quand ils ont du réseau. Demain, une intégration avec MafateRésa qui affiche les disponibilités en temps réel sur la carte de l'app serait logique.

Le mode hors-ligne robuste. Beaucoup de sentiers réunionnais sont hors réseau. L'app doit fonctionner sans connexion, avec des cartes téléchargées et du GPS offline. Les applis existantes le font, mais pas toujours bien pour les sentiers réunionnais (tracés approximatifs, absence de certains sentiers).

Pourquoi je ne le fais pas : c'est un projet énorme. La cartographie, les données météo, le système collaboratif, le mode offline -- c'est des mois de développement. Et le modèle économique est incertain : les randonneurs sont habitués aux apps gratuites. Monétiser avec du premium ou de la pub ? Possible, mais pas évident sur un marché de 900 000 habitants.

Cela dit, c'est peut-être l'idée qui me démange le plus. Parce que je randonne chaque semaine, et chaque semaine je suis frustré par les outils existants. Si un jour je libère de la bande passante, c'est probablement le projet que je lancerai.

Le matching artisans BTP

Celui-là, il vient d'une galère personnelle. J'ai voulu faire des travaux chez moi l'année dernière. Refaire la terrasse, installer une pergola, refaire la salle de bain. Trouver un artisan à La Réunion, c'est un calvaire.

Le bouche-à-oreille, toujours le bouche-à-oreille. "Tu connais un bon carreleur ?" "Mon cousin connaît un gars." Le "gars" ne décroche pas. Tu rappelles. Il dit qu'il passe la semaine prochaine. Il ne passe pas. Tu rappelles. Il vient, il regarde, il dit "je vous fais un devis". Le devis arrive trois semaines plus tard. Tu acceptes. Les travaux devaient commencer en mars, ils commencent en juin.

Ce scénario, tout le monde le connaît à La Réunion. Et pourtant, il n'existe aucune plateforme locale de mise en relation avec des artisans. Il y a des plateformes nationales (Travaux.com, Habitatpresto), mais elles n'ont pas la base d'artisans locale. La plupart des artisans réunionnais ne sont pas inscrits sur ces plateformes, soit parce qu'ils ne les connaissent pas, soit parce qu'ils ont suffisamment de travail par le bouche-à-oreille.

Ce qui manque, c'est un outil simple : je décris mon projet (refaire une terrasse de 30m2 en bois), l'outil me propose 3-4 artisans disponibles dans ma zone, avec des avis vérifiés de clients précédents, et un système de devis standardisé. Côté artisan : un flux de demandes qualifiées, un tableau de bord pour gérer les chantiers, et de la visibilité sans payer 500 euros pour un encart dans le journal local.

Le modèle économique est éprouvé (commission sur mise en relation ou abonnement artisan), le marché est immense (la construction et la rénovation sont des secteurs majeurs à La Réunion, avec le climat qui use vite les bâtiments), et le problème est universel (tout le monde galère à trouver un artisan).

Pourquoi je ne le fais pas : c'est un marché offline par nature. Les artisans ne sont pas en ligne, ne répondent pas aux emails, et ne veulent pas payer pour une plateforme. L'adoption côté artisan serait un cauchemar. Il faudrait aller les voir un par un, sur les chantiers, à la chambre des métiers, dans les quincailleries. Un travail de terrain monumental. C'est faisable -- j'ai bien fait le tour des îlets de Mafate -- mais ça demande un engagement à plein temps sur ce seul projet.

D'autres idées, en vrac

Au-delà de ces cinq idées principales, voici ce que j'ai dans mon fichier "Idées en vrac", avec moins de détails mais le même constat : le problème est réel, personne ne le résout.

Un outil de gestion de copropriété adapté aux résidences réunionnaises. Les syndics sont débordés, les copropriétaires ne comprennent rien à la gestion, et les outils nationaux ne prennent pas en compte les spécificités locales (normes cycloniques, entretien spécifique au climat tropical).

Une plateforme de baby-sitting et garde d'enfants. Le même problème que les artisans : tout passe par le bouche-à-oreille, il n'y a pas de plateforme fiable avec des avis et des vérifications.

Un service de conciergerie pour locations saisonnières. Airbnb se développe à La Réunion, mais les propriétaires galèrent à gérer les arrivées, le ménage, la maintenance à distance. Des conciergeries existent, mais pas de plateforme centralisée pour les trouver et les comparer.

Un outil de matching pour les événements locaux. Des centaines d'événements chaque semaine à La Réunion (concerts, marchés, spectacles, fêtes de quartier, randonnées organisées), dispersés entre des pages Facebook, des affiches, des bouche-à-oreille. Pas d'agenda centralisé fiable. L'agenda des mairies est incomplet, celui de l'office de tourisme aussi.

Chacune de ces idées pourrait devenir un produit viable. Elles partagent les mêmes ingrédients.

Ce que ces idées ont en commun

En relisant cette liste, je vois des patterns récurrents.

Un problème local que personne de Paris ne résoudra. Toutes ces idées reposent sur une connaissance intime du terrain réunionnais. Le covoiturage qui doit comprendre que l'île est coupée en deux par une montagne. L'app rando qui doit gérer la météo de cirques volcaniques. Le matching artisan qui doit convaincre des carreleurs créoles qui gèrent au téléphone. Aucune startup parisienne ne fera ce travail. Le marché est trop petit, trop spécifique, trop lointain.

Un marché captif. 900 000 habitants qui ne peuvent pas aller voir ailleurs. Si ton produit de covoiturage marche à La Réunion, tes utilisateurs ne partiront pas chez un concurrent métropolitain. L'insularité est un moat naturel.

Des utilisateurs accessibles. À La Réunion, tu peux accéder physiquement à la quasi-totalité de tes utilisateurs potentiels. Ton marché tient dans un rayon de 80 km. Tu peux aller les voir, leur parler, les convaincre un par un. Essaie de faire ça en Île-de-France avec 12 millions d'habitants répartis sur des dizaines de communes.

Un besoin réel, pas un besoin inventé. Aucune de ces idées n'est un "nice to have". Les gens galèrent vraiment à se déplacer, à trouver un artisan, à faire leurs courses en zone isolée, à organiser une rando en sécurité. Le pain point est tangible, quotidien, vérifié par des conversations réelles avec des vraies personnes.

Une technologie accessible. Aucune de ces idées ne nécessite de la deeptech, de l'IA avancée, ou des brevets. C'est du web classique : une marketplace, une app, un service en ligne. Avec les outils d'aujourd'hui -- Supabase, Next.js, Claude pour coder -- un solopreneur peut construire un MVP de chacune de ces idées en quelques semaines.

Mon message aux builders potentiels

J'écris cet article pour une raison simple : seul, je ne peux pas résoudre tous les problèmes que je vois. Mais je suis convaincu que pour chacune de ces idées, il y a quelqu'un à La Réunion qui a les compétences et l'envie de la construire.

Peut-être que c'est toi. Peut-être que tu bosses dans le BTP et que l'idée du matching artisan te parle. Peut-être que tu fais du maraîchage et que la plateforme producteurs te semble évidente. Peut-être que tu randonnes tous les weekends et que l'app rando te frustre autant que moi.

Mon conseil, pour ce qu'il vaut : ne cherche pas l'idée parfaite. Cherche le problème qui te touche personnellement. Tous mes projets sont nés de frustrations personnelles. Kala, parce que je voulais louer un paddle et qu'il n'y avait pas d'outil. MafateRésa, parce que je galérais à réserver un gîte. Babines, parce que je voulais mieux nourrir mon chien. Le meilleur projet, c'est celui dont tu seras le premier utilisateur.

Ne t'inquiète pas de la taille du marché. 900 000 habitants, c'est petit en apparence. Mais c'est suffisant pour faire vivre un solopreneur, voire une petite équipe. Kala ne sera jamais Airbnb. Ce n'est pas le but. Le but, c'est de créer un produit utile qui génère assez de revenus pour en vivre. Et sur un marché captif de 900 000 personnes, c'est largement possible.

Ne t'inquiète pas de tes compétences techniques. Il y a deux ans, je ne savais pas coder un formulaire HTML. Aujourd'hui, je gère quatre produits tech. L'IA a rendu le développement accessible à quiconque sait réfléchir, structurer un problème, et persévérer. Si tu sais utiliser un tableur, tu peux apprendre à construire une app.

Ce qui compte vraiment, ce n'est pas le code. C'est la connaissance du terrain, la capacité à aller parler aux gens, la persévérance pour convaincre un gérant de gîte ou un producteur de vanille d'utiliser ton outil. Et ça, ce sont des compétences humaines que l'IA ne remplacera pas.

L'île a besoin de builders

Je ne dis pas ça de manière abstraite. L'île a littéralement besoin de gens qui construisent des solutions locales. Le taux de chômage à La Réunion est parmi les plus élevés de France. L'économie locale dépend trop du secteur public et des transferts métropolitains. Le tissu d'entreprises tech est quasi inexistant.

Mais le terreau est là. Des problèmes à résoudre, partout. Un marché captif, protégé par l'insularité. Des utilisateurs accessibles et faciles à toucher. Des coûts d'infrastructure tech proches de zéro grâce au cloud et à l'IA. Et une qualité de vie qui fait que construire ici, c'est aussi vivre ici -- et vivre ici, c'est extraordinaire.

Ce dont l'île manque, ce n'est pas d'idées. Ce sont de gens qui exécutent. Des builders. Pas des entrepreneurs avec des PowerPoints et des pitchs pour des investisseurs parisiens. Des gens qui codent un MVP, qui vont sur le terrain, qui trouvent 10 premiers clients, et qui itèrent.

Si cet article peut donner l'envie à une seule personne de se lancer, il aura rempli son objectif. Et si cette personne veut discuter d'une de ces idées, ou d'une autre, ma porte est ouverte. Littéralement -- je suis à Saint-Gilles, on peut prendre un café.

L'île attend ses builders. Peut-être que c'est toi.